L’importance de vos enfants​

La rupture d’un couple est une épreuve majeure dans une vie, tant pour le couple que pour les enfants.   Durant cette période difficile, chargée d’émotion, de nombreux parents éprouvent de la difficulté à répondre aux besoins de leurs enfants et plusieurs se demandent : Comment agir adéquatement ? Comment leur annoncer la séparation ou le divorce ? Comment les aider ?

Votre façon d’agir pourra avoir une incidence directe sur le niveau de stress vécu par votre enfant.  Il est important de savoir que ce qui est le plus néfaste à l’enfant, ce n’est pas la séparation en soi mais le fait de se retrouver au cœur de mésententes parentales et de conflits reliés à la séparation.  Pour éviter le plus possible ce genre de situation et favoriser une approche positive, il peut être utile de se rappeler les qualités de chacun au début et durant la vie de couple.  Tous les enfants ont, normalement, besoin de leurs deux parents.  Il est donc important que les contacts avec chacun des parents soient favorisés.

« Élever les enfants avec son ex-conjoint peut être épuisant et frustrant, surtout après une séparation douloureuse. Vous pourriez trouver extrêmement difficile de faire une croix sur les moments pénibles que vous avez vécus avec votre ex-conjoint et surmonter toute rancune à son égard. Prendre des décisions à deux, interagir au moment de ramener ou d’aller chercher l’enfant et tout simplement parler à la personne que vous souhaiteriez carrément oublier, tout cela pourrait vous paraître impensable. Même si la coparentalité n’est pas la solution idéale, les enfants gagnent à ce que leurs deux parents conjuguent leurs efforts pour se concentrer sur leurs besoins. » (p.78 Parce que la vie continue … réf. ci-après) La communication entre vous sera donc très importante.  Cette communication pourra se réaliser de différentes façons qui conviendront aux deux parents et elle pourra évoluer dans le temps. L’élaboration d’un plan parental sera également importante.  À cet égard, le médiateur familial vous aidera à réfléchir aux différents enjeux, grâce à son expérience.

Bien que chaque enfant soit unique, certains sentiments et besoins sont communs aux enfants selon leur âge et l’étape de leur développement (petite enfance, préadolescence, adolescence).  Plusieurs réponses à vos questions se trouvent dans un guide très bien fait par l’Agence de santé publique du Canada, qui s’intitule : Parce que la vie continue que vous retrouverez à l’adresse suivante : Parce que la vie continue…aider les enfants et les adolescents à vivre la séparation et le divorce – Canada.ca

Voici quelques passages sur lesquels j’attire votre attention :

« Les connaissances actuelles dans le domaine du développement et de la psychologie de l’enfant démontrent bien que les enfants et les adolescents s’adaptent plus facilement si vous :

  • Tentez de prévoir et de comprendre les sentiments de vos enfants, et faites de votre mieux pour les aider à se sentir rassurés, entourés et aimés ;
  • Aider vos enfants à exprimer leurs sentiments – les enfants réagiront mieux s’ils se sentent écoutés, quel que soit leur âge ;
  • Séparez votre relation de couple (qui est terminée) de votre rôle de parent (qui lui, continue) ;
  • Protégez vos enfants des conflits qui surviennent entre vous et l’autre parent (Cela est important pour éviter que les enfants se retrouvent coincés au milieu et qu’ils s’inquiètent d’avoir à prendre parti, tout en voulant plaire aux deux parents envers qui ils ont des liens très forts et une profonde loyauté, ce qui est un très lourd fardeau pour eux ;
  • Aidez vos enfants à conserver un lien étroit avec leurs deux parents. »

« Le processus de la séparation et du divorce figure parmi les expériences les plus difficiles sur les plans social, affectif et financier (…). C’est pourquoi il est si important de se ménager du temps pour s’occuper de soi. (p.9).  Le fait de solliciter de l’aide afin de combler vos besoins au cours de la séparation et du divorce vous rendra plus apte à répondre à ceux de vos enfants. ».  N’hésitez pas à consulter un médecin de famille, un psychologue ou d’autres ressources qui vous aideront à traverser cette période.  Ils ont les outils pour vous aider si la situation devient trop difficile pour votre santé physique et psychologique.

Parler à ses enfants de la séparation est un processus au même titre que celle-ci. C’est le début d’une conversation avec vos enfants au sujet de leur relation avec vous et l’autre parent, de la façon précise dont leur vie changera et des sentiments qui s’ensuivent. Dire à vos enfants que vous vous séparez ou que vous divorcez déclenchera en eux toutes sortes de réactions allant de la confusion au soulagement en passant par la peur, la tristesse, la colère, la culpabilité et le choc. (Sur la communication avec vos enfants, voir p. 35 et ss.)

Pour annoncer à vos enfants la séparation ou le divorce, voici quelques suggestions tirées du même guide (p.31) :

  • « Décidez à l’avance d’un moment et d’un lieu propices pour parler à vos enfants. Choisissez un endroit où vos enfants se sentiront à l’aise. Il est bon ensuite de parler seul à seul avec vos enfants, surtout si leur âge varie beaucoup, car leur capacité de comprendre la situation et leur façon d’y réagir seront fort différentes.
  • Gardez à l’esprit qu’il est préférable pour la plupart des enfants d’en discuter plusieurs fois mais plus brièvement que de tout apprendre d’un seul coup.
  • Si la situation s’y prête (par exemple, si le conflit n’a pas dégénéré), il est préférable que vous l’annonciez ensemble à vos enfants. Cela les rassurera, sachant que vous ne les abandonnerez pas et que vous coopérerez afin d’assurer leur avenir. Mais si la discorde est trop intense, il est préférable qu’un seul de vous deux explique aux enfants ce qui se passe.
  • N’attendez pas à la dernière minute. Contrairement à la croyance populaire, les enfants n’en seront pas moins anxieux. En fait, quand les enfants sont conscients des difficultés entre leurs parents, attendre ne fait qu’augmenter leur anxiété. Cela dit, si vous prévoyez vivre sous le même toit encore quelque temps, il vaut mieux leur annoncer la nouvelle quand la séparation physique est imminente.
  • Expliquez dans les grandes lignes aux enfants pourquoi vous vous séparez. N’oubliez pas de tenir compte de leur âge et de leur stade de développement. Les enfants doivent savoir que votre séparation et votre divorce ne sont pas de leur faute, qu’il s’agit de votre décision.
  • Sachez ce que vous leur direz. (Voir l’encadré Bien communiquer avec les enfants, les préadolescents et les adolescents). Par-dessus tout, soyez sincères. (Vous trouverez différentes approches à la page 32 du guide).

Il est important que vos enfants puissent régulièrement avoir l’occasion de poser des questions et d’exprimer leurs idées et émotions.  Il faut se rappeler que les enfants ont besoin de temps pour digérer l’information et s’adapter. 

  • Donnez à vos enfants plusieurs occasions de poser des questions et de dire ce qu’ils pensent et ressentent et laissez-les participer aux décisions si possible. (Voir l’encadré Voir à travers le regard d’une jeune personne, p.33)
  • Dites-leur que vous accordez beaucoup d’importance à leurs besoins et à leurs idées même si, en bout de piste, c’est vous les adultes qui déciderez.
  • Parce que les jeunes enfants ont parfois peur de poser des questions ou n’ont pas encore assez d’expérience pour exprimer leurs idées, il serait peut-être bon que vous souleviez des questions qu’ils pourraient se poser. S’ils ne disent rien, souvenez-vous que les enfants ont besoin de temps pour digérer l’information. Faites-leur comprendre que vous êtes prêt à leur parler de quoi que soit aussi souvent qu’ils le requièrent ou le veulent.

« Les bébés et les tout-petits de moins de deux ans ne comprennent pas ce qu’est une séparation. Cela ne les empêche pas d’être très sensibles à tout changement dans leurs soins ou aux émotions qui les entourent. Même les bébés sentiront qu’un parent est distrait, stressé ou en colère. La meilleure façon pour les parents qui se séparent d’aider leur bébé ou leur tout-petit à s’adapter aux changements est de s’assurer de la continuité et de la fiabilité des soins qui lui sont prodigués pour répondre à ses besoins physiques et affectifs. En plus d’aimer leurs enfants et d’être fidèlement présents à leurs côtés, les parents peuvent également les protéger en évitant d’être à couteaux tirés devant eux. (p.26)

«Les jeunes enfants ne sont pas encore capables de concevoir autre chose qu’eux-mêmes, ce qui peut les amener à croire que leurs pensées ont un effet direct sur le reste du monde..  C’est pourquoi, bien souvent, les jeunes enfants se reprochent la séparation ou le divorce de leurs parents ou lui inventent des raisons imaginaires. (…)  Ils ont trop peur d’en parler à qui que ce soit et croient souvent qu’ils sont les seuls au monde à ressentir cela. La plupart des enfants sont convaincus, ou du moins espèrent, que leurs parents vont reprendre la vie commune.»

Notre aptitude à comprendre des concepts tels que la cause et l’effet, la nature changeante des sentiments ou le passé, le présent et l’avenir n’existe pas ou en est à ses premiers balbutiements chez l’enfant. Ils ont de la difficulté à concevoir une autre réalité que la leur. Les jeunes enfants n’ont tout simplement pas la faculté cognitive ou les habiletés fondamentales pour imaginer ce que sera la vie quand leurs parents ne vivront plus sous le même toit.

« Les préadolescents et les adolescents présentent l’avantage d’avoir plus de maturité et une plus grande compréhension des relations humaines.  Cette plus grande compréhension les rend toutefois conscients de la réorganisation qui va en résulter, que ce soit à la maison, à l’école ou dans leur vie sociale en général.  C’est pourquoi les préadolescents et adolescents s’inquiéteront des conséquences de la séparation et du divorce sur eux-mêmes, dans l’immédiat et dans l’avenir.

Ils sont en pleine métamorphose. Ils ont parfois des émotions contradictoires, étant déchirés par le désir d’être à la fois indépendants et protégés, libres et conseillés, aimés et sans attaches.  Ils ont tendance à reprocher la séparation à leurs parents. Les plus jeunes réagiront quasi assurément par la colère en apprenant que leurs parents se séparent. Les plus vieux, quant à eux, pourraient se demander s’ils sont eux-mêmes capables d’établir de bonnes relations. »

Enfin, lorsque vous devrez discuter de la répartition de votre temps parental (que l’on appelle dans le jargon juridique : droit de garde et droits d’accès), il sera utile pour vous de connaître les différentes phases de développement de l’enfant, surtout pour les très jeunes enfants, afin de vous guider dans vos réflexions et décisions.

Je termine en vous informant que la loi prévoit que les décisions concernant l’enfant doivent être prises dans son intérêt et dans le respect de ses droits (article 33 du Code civil du Québec).  Le critère de l’intérêt de l’enfant est au cœur des décisions qui doivent être prises en matière familiale.

***